Concours

Mardi 19 septembre 2006








Dans la fraicheur de l'automne - Thil et mon enfance - la rentrée scolaire et les derniers rayons du soleil. J'ai peur de l'avenir. Les années 60 et les yéyés ne sont pas encore sur toutes les ondes de nos radios à lampes. J'entends les usines et je regarde vers le bois tout près de chez nous. Il me rassure et s'oppose aux batiments d'acier des usines. A mi chemin entre Tiercelet et Thil j'observe les deux voies ferrées qui nous entourent. Ces grands trains noirs et leur fumée viennent me défier jusqu'à ma mansarde. Je vois de gens en bleus de travail avec un sac sur le dos. Il y a quelques voitures qui passent.  La nuit ces voitures projettent un rayon de lumière dans ma chambre près du toit. Ma grand mère me protège et me donne des bonbons à la menthe. Elle m'appele mon coco. Je suis inondé de bonheur. Mon grand père lit le journal ...parfois il me raconte sa vie ...en Italie ...la guerre de 14 - 18 et les souffrances. Mais j'ai peur. Pas très loin il y a le ghetto des Algériens. On a deux jardins, des poules et des lapins. A la maison on a tous des pots de chambre. Je vois parfois d'énormes rats traverser la route. L'automne et ses rayons de soleil. L'autome d'une épopée pour mes grands parents : la misère en Italie - les guerres - la mine - les usines...la retraite enfin, puis moi. L'aube d'une vie nouvelle ...ma tête tente de comprendre ce monde qui m'entoure et j'ai l'impression d'être spectateur d'une scène de film. Dans le fond de la cuisine le fourneau à charbon. Le Charbon vient d'ariver. On le jette dans la cave par une petite trappe. Les hivers sont terribles dans l'Est. La chaleur n'arrive pas toujours jusqu'à ma mansarde.Dans un champ pas très loin il y a les vestiges d'un camps de concentration. Je devine que c'est un endroit spécial. Dans le bois il y a des trous ...pour faire sortir des fusées. Dans la terre il y a des armes - des balles. La terre est rouge comme l'acier et la sang. C'est un drôle d'endroit où je me suis posé.
Par patrick - Publié dans : villerupt
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Samedi 26 août 2006

   
 Parfois je reviens vers mon pays avec un peu de nostalgie, et je découvre un grand désert et une mémoire engourdie. Dans cet univers cathodique et virtuel ; le hasard  me projetait  violement à quelques vers posés sur un blog mystérieux. L'émotion passée je décidais de ranimer la flamme d'un souvenir riche. Comme le sphinx nous le  ferons peut  être renaître des cendres du passé.





La fin d'un monde.








Poème d'un blogueur villeruptien anonyme.




Quelque part entre ici et la bas,

Il reste un morceaux de moi, une partie de ma vie,

Un bout de toi, un fragment de joie...

Il y a encore de la famille.

  

Quelque part entre ici et ailleurs,

Y a les endroits que je connais par cœur,

Les sentiers, les ruelles de mon enfance,

De mon premier baiser a ma première errance. 

 

La haut, dans la région de ma jeunesse,

Entre les rues de la ville et Villerupt,

Quand je flânais dans les bras de la tendresse,

Entre les endroits déchus et les amis perdus.... 

 

Si loin dans ma mémoire ,dans mes amours...

Juste la dans ma poitrine au cœur si lourd,

Mon passé, ma naissance dans un clignement d’œil,

Mes larmes, mon enfance et son deuil... 

 

quelque part, entre ici et moi,

Pas grand chose...ou si peu...

Quelque part, entre vie et voix,

Presque rien ...ou les cieux...

Merci pour la beauté de ce poème.



Quelques photos de que mon ami Michel m'a confiées.




Derrière cette végétation d'Aubrives;  il ya les traces au plus profond de chaque pierre de la sueur  de nos grands parents italiens ...venus au début du XX° siècle.











Le tout dernier vestige d'un empire qui s'est transformé...la cage du train de 700 n'a plus la noirceur du laminoir ni la tiedeur de ses engrenages. Elle est triste et me fait penser à tous ces héros; travailleurs de l'ombre qui m'ont tant donné.










En regardant ces cylindres je revois la salle des machines : grandiose - les tours qui ajustaient ces cylindres et le calme de cet atelier qui tranchait avec le bruit et les lumières du laminoir.
J'imagine encore ce grand serpent rouge se débattant avant de devenir un rail. J'entends les cris, les sirènes et la fumée qui sortait de toutes parts.











L'église de cantebonne( prononcer Cambo ), ses curés dynamiques, le patronage, une cohabitation sereine dans un modèle communiste.










Symbole d'un parti communiste à l'italienne; la mairie a longtemps été la fiérté des habitants de Villerupt. Elle reste dans ma mémoire associé à un maire exceptionnel :  Sacconi - à des réveillons trops arrosés - à l'arrivée d'un cosmonaute russe - et à des soirs d'élections mémorables.









Le bloc Balzac où j'ai vécu une partie de mon adolescence. J'ai jamais trop aimé Balzac et encore moins ce bloc qui était le symbole d'un renouveau du logement social. Je sents encore l'odeur du poêle à Mazout et la tristesse infinie de cet endroit.











Les cités de butte (Prononcer : Boute ). Pour moi Chef d'oeuvre d'un architecte génial. J'ai toujours cru étant petit ; en voyant ces alignements que Villerupt était le centre de la France...et le magasin de jouetsde la place : la huitième merveille du monde.


















Le rédacteur :








Par patrick - Publié dans : villerupt
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